Découvrez l’interview de Henri Verdier dans Technikart


Découvrez l’interview de Henri Verdier dans le mensuel Technikart (décembre 2010).


extrait de l’interview :

Henri Verdier, il y a dix ans, les start-up croulaient sous les investissements. Aujourd’hui, l’État réduit leurs aides fiscales et c’est le tollé… c’est quoi, l’avenir de “l’économie innovante” en France ?

Je pense qu’on a jamais eu tellement d’argent pour les PME innovantes en France, mais surtout que le problème est ailleurs. D’une certaine manière, c’est toute la société française qui contribue à handicaper les entreprises innovantes : l’école nous apprend à craindre l’échec, les entreprises hésitent à passer des contrats avec de petites structures, les capitaux-risqueurs investissent avec prudence, notre marché national “moyen” permet aux PME de se développer sans réfléchir sérieusement à l’international. Mais aussi la proximité sociologique entre les grandes entreprises, la haute administration et le pouvoir politique, crée un climat général de méconnaissance complète des PME par les élites.

C’est à dire ?
Ici, la confiance se conquiert lentement, aux États-Unis, elle se perd. C’est toute la différence. Je ne dis pas cela pour être pessimiste : nous sommes un pays ultra-créatif, très curieux d’innovation et nous avons un nombre croissant d’entrepreneurs qui comprennent les ficelles. Mais disons que nous partons de loin.

Que va-t-il se passer, d’ici quelques années, si on n’aide pas plus les “jeunes entreprises innovantes” ?
Le plus impressionnant avec la révolution numérique, c’est qu’elle est presque entièrement portée par des start-up. Ni le web, ni Google, ni la messagerie instantanée, ni les réseaux pair à pair, ni les réseaux sociaux n’ont été inventés par des grands groupes. Et ces formats d’innovation gagnent aujourd’hui d’autres secteurs comme la pharmacie ou l’automobile. Si notre pays ne croit pas sérieusement au potentiel d’innovation de ses PME, il deviendra un pays industriellement marginal. C’est comme si en 1900 on avait renoncé au cinéma, à l’électricité, à l’aviation, au rail ou à l’automobile. Pire, en perdant la capacité de produire des objets ou services grand public, il perdra aussi la maitrise de son destin culturel.

Comment ça ?
Regardez comment s’habille un ado et ce qu’il emporte à l’école comme appareil : rien n’est français. Regardez les dix produits de grande consommation les plus achetés  hors alimentation : rien de français [...] L’intimité est façonnée par d’autres pays, d’autres cultures… Un pays qui ne parle plus au grand public est un pays qui décline.

[...]


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