La ville au futur

Raconter la ville du futur c’est amener le spectateur à comprendre comment petit à petit sa place dans la ville évolue au rythme de l’évolution des outils numériques et des réseaux virtuels.

Fiche technique :

Documentaire – 52mn

Réalisation : Eric Chebassier

Une coproduction Point du Jour France3 Paris Ile-de-France Centre.

Diffusion à La Cantine le 25 mars à 18h.

Inscription : http://lacantine.org/events/la-ville-au-futur


Synopsis

L’environnement urbain dans lequel nous évoluons est d’ores et déjà numérique et préfigure ce que sera la Ville de demain. Des puces, des réseaux et des cartes fonctionnelles s’entremêlent. Ces capteurs, répartis dans l’espace au gré du développement du tissu urbain, retransmettent des données binaires qui permettent de gérer la ville au quotidien.

On peut envisager la ville comme un ordinateur constitué de cartes qui se sont superposées au fil des siècles. Ces cartes fonctionnelles interagissent les unes avec les autres et s’améliorent, sont implémentées, modifiées pour rendre le fonctionnement de la Ville plus fluide. On ne change pas l’ordinateur urbain, on lui ajoute de nouvelles cartes, de nouvelles technologies, les usagers s’en emparent et leurs vies se modifient.

Les gestions des eaux usées, des espaces verts, des transports, des services, se sont articulés autour de réseaux indépendants qui peu à peu ont établi des interconnexions les un avec les autres. Ce maillage complexe, créé par la superposition de réseaux privés et publics est désormais au cœur de la Ville.

En parallèle, les habitants ont développé des pratiques quotidiennes d’interactions sociales, de mobilité, de consommation, en lien avec ces différents réseaux.

La ville 2.0 propose ainsi deux modes d’évolution et de création :

-       “descendant”, basé sur le maillage évoqué ci-dessus,

-       “ascendant” car les outils du Web 2.0 ont donné aux usagers un rôle nouveau, celui de contributeur pas seulement pour élaborer des demandes mais aussi pour proposer des solutions.

Du coup raconter cette ville 2.0 c’est amener le spectateur à comprendre comment petit à petit sa place dans la ville évolue, devenant plus participative, au gré des rencontres, de ses disponibilités mais aussi au fil des âges et de leurs besoins.

Le film partira donc de l’existant, le plus évident d’abord, celui des réseaux “souterrains” des systèmes centralisés, organisés sur un mode plus classique, avec les professionnels d’un côté, les usagers de l’autre: ici les eaux usées et la circulation, avec les transports collectifs mais aussi la régulation des déplacements privés.

Nous montrerons comment les systèmes numériques permettent un contrôle de plus en plus fin et centralisé de ces réseaux, accroissant leur efficacité et leur rentabilité mais aussi comment cette évolution ouvre de nouvelles pratiques de gestion décentralisée et individuelle de ces flux, par les usagers eux-même, au rythme de leur ré-appropriation de ces systèmes.

Conséquence directe de cette évolution, la rue est devenue un lieu saturé d’ondes électromagnétiques, de câbles physiques, sous la surveillance de caméras vidéos, fixes ou mobiles. Elle est ainsi devenue un champ de réseaux concurrents dans leurs finalités et leurs modalités, les uns favorisant l’autonomie et les liens horizontaux entre les habitants, les autres contrôlant un peu plus leur vie. C’est le rôle des artistes et des hackers que de révéler ces tensions et d’appeler à la vigilance à partir de dispositif visant à déjouer les effets de cette prolifération numérique.

Le territoire de la ville se modifie ainsi.  D’abord parce que nos manières de nous repérer géographiquement et dans le temps sont profondément modifiées par la convergence de ces nouveaux outils sur des supports portables de communication audiovisuelle : réseaux sociaux, système de géo-localisation, meta-cartographie, etc. se retrouvent peu à peu sur nos téléphones devenus de plus en plus intelligents. Ensuite parce que la crise aidant, les services publics désinvestissent peu à peu le territoire, au profit d’une mise en ligne de leur mode d’intervention.

Le développement des liens horizontaux propre à notre époque numérique compensera-t-il cette perte des liens produits jusqu’ici par les services locaux ?