La maison du futur sera écologique et magique !


Assemblée façon Lego avec son potager sur le toit et des cloisons transparentes réfléchissant toutes sortes d’univers virtuels, la maison du futur sera écolo et magique, à en croire les dernières tendances du design présentées cette semaine à Paris.

Qu’il s’agisse du prototype de maison « B-Green » écologique ou des verres intelligents de Quantum Glass (Saint-Gobain) métamorphosés par le duo d’architecte Electronic Shadow, cette maison du futur, montrée dans le cadre de « Designer’s Days », associe autant le progrès technologique que la poésie, dans un environnement qui change aussi vite que sur un i-pad, selon l’ humeur ou la météo.

Dans sa version la plus futuriste, c’est un univers en perpétuelle métamorphose qu’on modifie en effleurant un écran tactile grâce aux multiples possibilités de l’image et aux LED (diodes électroluminescentes) déjà répandues en Asie et considérées par nombre de designers comme la « lumière du futur ». Elles s’introduisent partout, dans les tables, les chaises, les murs, le sol.

Buanderie, sanitaires, piscine, la maison du futur fonctionne aussi avec des eaux recyclées (sauf l’eau potable) et de l’énergie solaire. Elle est recouverte d’une toile extérieure absorbant les ultra-violets, isolée par des bandes d’étoffe faite de jeans recyclés. On la pilote comme un bateau à partir d’un seul tableau de bord. Son toit est végétal et accueille choux et légumes d’un potager « de plein ciel ».

Salle de bain, cuisine, le carrelage est remplacé par des revêtements composés à 75% de matériaux recyclés et de 25% de minéraux, doux, antibactériens.

Dans sa version la plus futuriste, Vincent Barué, architecte de 27 ans, a imaginé une vingtaine de « salles de bain du futur » avec des « coques auto-régénérantes » à ultrasons, des sols en tiges souples se déplaçant comme des dunes de sable ou des meubles construits à partir de fibres dynamiques sur lesquelles il suffit de tirer pour former une vasque par exemple.

Les murs de cet espace intime, « qui prend de plus en plus d’importance » dans la maison, dit Vincent Barué, se transforment aussi en sous-bois, montagne, jardins japonais ou fond marin, vivants.

Les toilettes de la maison du futur ? Leur débit d’eau est limité. Elles disposent d’une lunette chauffante, s’autonettoient, comme celles créées par le japonais Toto, leader mondial des sanitaires.

Les espaces communs et les chambres changent. D’élégantes toiles tendues, brillantes ou mates qui atténuent les sons, remplacent les plafonds de plâtre.

Aux antipodes mais non moins élégants, Christian Lacroix a imaginé des panneaux de bois décoratifs, superposant placage et résine sculptée à la façon de l’ébénisterie ou à partir d’images numériques, commercialisés par la maison Marotte (bois).

Mais c’est le verre qui retient l’attention plus que tout. Chauffants, éclairants, les vitrages conçus par Quantum Glass, filiale de Saint-Gobain, intègrent des cristaux liquides et se transforment au contact de l’impulsion électrique. les architectes Yacine Ait Kci et Naziha Mestaoui les ont utilisés dans l’habitat tel qu’ils les conçoivent, « transparents, hybrides entre existence physique et extensions virtuelles ».

Grâce à ce jeu de parois translucides, transparentes et de vidéo-projecteurs, le plus petit espace peut être meublé d’images propres à chacun.

« On assiste peu à peu à la transformation de l’espace physique. La matière devient immatérielle. C’est magique, dit Yacine, et c’est l’enjeu de la décennie à venir, bien au-delà du numérique ».

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